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Comment investir en Suisse en 2020

investir en Suisse

Investir en Suisse peut être dans certains cas un placement intéressant.

Face aux craintes de récession mondiale, les valeurs refuges, comme le franc suisse, ont la cote.

Les actifs financiers suisses sont rarement bon marché.

Mais la crise actuelle démontre une fois de plus leur résilience hors normes et leur capacité à conserver leur valeur, y compris quand d’autres sont à la peine.

Une réalité qui déplaît aux autorités helvètes, qui verraient d’un bon œil une baisse de leur devise.

Un tel scénario serait favorable aux exportateurs et à l’économie, mais cela pèserait sur le rendement des actions.

Décortiquons cela ensemble.

Un dynamisme à toute épreuve

Un gain annuel de 10% en euro, malgré la pandémie de Covid-19.

Qui dit mieux ?

Certes, un peu partout, les marchés d’actions ont bien rebondi après la forte décrue du mois de mars 2019.

Mais la performance du marché helvète reste remarquable, et offre donc des opportunités pour ceux qui désirent investir en Suisse.

Il ne s’agit toutefois pas d’une première, ce marché étant déjà sorti de la crise économique et financière de 2008-2009 avec un dynamisme que peu d’autres ont été en mesure de suivre.

Parmi les marchés figurant dans notre univers d’investissement, seuls les Etats-Unis font mieux et ce, en grande partie grâce à la surperformance d’un nombre restreint d’actions du secteur technologique.

Les ménages suisses, qui sont fort endettés, sont confrontés à un tassement de leurs revenus. Depuis 2013, les salaires n’ont jamais progressé de plus de 1%.

On comprend que dans de telles conditions les dépenses de consommation ne peuvent que difficilement augmenter.

Cela, les Suisses en sont conscients et donc ils se sont montrés audacieux. Comme leurs salaires mais surtout leurs coûts salariaux sont fort élevés, ils se sont tournés vers les produits et les services à haute valeur ajoutée, la seule niche à même d’amortir de tels coûts.

Avant de poursuivre, je vous conseille tout d’abord de bien comprendre tous les tenants et aboutissements d’un bon placement en vous procurant cette formation que je vous offre gratuitement: cliquez ici.

Le principal partenaire commercial de la Suisse est la zone euro, laquelle se morfond pour le moment dans un contexte morose.

Cela n’est pas sans conséquence.

Car même si elle ne fait pas partie de la CEE, elle est cependant pieds et mains liée aux règles européennes, conditio sine qua non pour pouvoir exporter aisément et sans trop de taxes en Europe.

C’est la grande illusion de l’indépendance qui plait tant à ceux qui ne comprennent pas comment fonctionne le commerce mondial.

Les partisans du Brexit s’en rendront bientôt compte, eux aussi.

Investir en Suisse?

Tout cela pèse sur la petite économie très ouverte de la Suisse, qui dépent grandement du marché de l’exportation.

Or l’avenir du libre-échange suscite des inquiétudes, tout comme l’agressivité de Washington à l’égard des pays ayant d’importants excédents commerciaux, comme la Suisse.

Suite à la crise du corona, je prévois une très forte baisse du PIB en 2020 en raison des mesures prises pour endiguer la propagation du coronavirus.

Même en 2021, l’économie ne devrait se redresser que lentement. 

Il y a heureusement d’autres raisons pour investir en Suisse, à savoir le franc suisse et la nature même de la Bourse de Zurich.

« Les actions défensives suisses ont la particularité de faire bénéficier leurs détenteurs de revenus relativement élevés et stables »

Le franc suisse

Le cours du franc suisse (CHF) est surveillé de près par la banque centrale du pays, la Banque nationale suisse (BNS).

On a l’impression que cette institution fait tout pour rendre la monnaie suisse aussi peu attirante que possible pour les épargnants et les investisseurs, notamment en maintenant ses taux directeurs aussi bas que possible, quand ils ne sont pas négatifs.

De fait, le taux de référence actuel de -0,75% est tellement inintéressant qu’il dissuade les investisseurs d’acheter des obligations en francs suisses quand ils veulent investir en Suisse.

C’est aussi une des raisons pour lesquelles la monnaie suisse a perdu plus de 3% par rapport à l’euro entre 2015 et 2018.

Mission accomplie jusque là donc.

Cependant, cette situation me paraissait à ce moment déjà que temporaire.

Tout indiquait que l’on pourrait observer une remontée du franc suisse en 2019.

Il y avait à cela quatre raisons :

– La Suisse est un pays peu endetté et les agences de notation lui donnent le meilleur rating, AAA. Le pays est donc considéré comme un havre sûr. Ce statut fait que depuis toujours le franc suisse se porte bien quand le contexte économique se détériore. Le ralentissement économique mondial que nous connaissons en ce moment ne peut qu’être tout bénéfice pour le franc suisse.

– La Suisse dispose d’un énorme excédent sur ses comptes courants, ce qui veut dire qu’elle exporte plus qu’elle n’importe. Autrement dit, il y a davantage d’argent qui rentre qu’il n’y en a qui sort, ce qui constitue un soutien naturel pour la monnaie.

– La Banque nationale suisse a bâti, au fur et à mesure de ses interventions pour faire baisser le franc, d’énormes réserves en actifs étrangers. Pour éliminer ces réserves, il faudra acheter du franc, ce qui ne peut qu’augmenter la demande et donc le cours de la devise suisse.

– Enfin, il faut tenir compte d’un facteur qui joue à long et même à très long terme: l’inflation. En Suisse, l’inflation est traditionnellement inférieure à celle des autres pays industrialisés (à l’exception du Japon), ce qui est de nature à faire monter sa devise par rapport aux autres.

investir en Suisse

La banque centrale suisse intervient de nouveau

Face aux craintes actuelles de récession mondiale, la Suisse
fait donc figure de bon élève grâce à ses finances publiques saines,
son inflation contrôlée et ses immenses réserves de change.

La valeur-refuge qu’est le franc suisse (CHF) est donc très
prisée, et ce, d’autant plus que les taux dans la zone euro,
pour l’instant supérieurs aux taux suisses, pourraient de
nouveau reculer.

Cela ne ferait que renforcer l’attrait pour investir en Suisse.

Pour l’instant, la Banque Nationale de Suisse (BNS) se contente de vendre son franc sur les marchés des changes, afin de freiner sa hausse.

Mais tôt ou tard, la BNS devra passer à d’autres mesures, probablement plus extraordinaires, comme des taux d’intérêt plus négatifs encore (et donc, encore plus pénalisants pour l’épargnant).

Une habituée des mesures extraordinaires

La récession profonde de 1975 (due à un franc trop cher qui
détruisait son industrie et son secteur exportateur) avait
déjà poussé la Suisse à appliquer une pénalité annuelle de
41% sur les dépôts des étrangers.

Mais ailleurs, l’inflation était si forte que l’engouement des investisseurs étrangers pour investir en Suisse n’a pas faibli, et que même ces mesures n’ont pas suffi à mettre fin à la flambée du franc.

Plus récemment, lors de la crise de la dette souveraine dans la zone euro, la cherté du franc a forcé la BNS à appliquer un taux plancher de 1,20 CHF pour 1 EUR.

Mais très vite, elle a dû renoncer à sa stratégie, devenue trop coûteuse.

Le 15 janvier 2015, le taux plancher était abandonné et le franc
suisse flambait face à l’euro, et ce, alors même que les taux
directeurs suisses étaient fixés avec un point de référence
à -0,75%, inchangé à ce jour.

Depuis, le franc suisse a connu des hauts et des bas, des hauts liés aux tensions surles marchés et des bas liés à la bonne santé de l’économie mondiale et des marchés.

Cet actif va donc à contrecourant de ce que font les marchés.

Voilà pourquoi investir en Suisse est une diversification de choix pour l’investisseur.

Prestations spectaculaires du franc suisse

Les prestations spectaculaires du franc suisse sont dues à la réputation de havre sûr dont bénéficie la Suisse.

Le pays dispose du rating (= notation de solvabilité) le plus élevé et il est habitué à voir affluer les capitaux chez lui lorsque les marchés financiers sont confrontés à des vents contraires.

Avec pour conséquence que le franc suisse est comme la petite bêbête qui monte, qui monte… On l’a vu lors de la crise bancaire de 2008 (+12% par rapport à l’euro), lors de la crise européenne de la dette en 2009-2011 (+30%).

Une devise très chère

On reçoit en ce moment 1, 05 à 1,10 franc suisse pour 1 euro.

À ce prix, cela revient à surévaluer la devise helvétique de quelques 5 à  10% par rapport à l’euro.

Ce n’est pas du goût de la Banque Nationale Suisse (BNS) dont on comprend qu’elle préfère un franc moins fort pour soutenir une économie locale orientée vers les exportations.

Son taux directeur est, nous l’avons vu, de -0,75%, le taux (négatif) le plus bas du monde.

Elle dispose pourtant du nécessaire pour peser sur le cours du franc, par exemple en imprimant des billets et en les échangeant contre des euros si la situation devait encore se dégrader.

Fondamentalement, le franc suisse est surévalué

Très prisé aujourd’hui, il risque par contre de baisser lorsque
l’horizon conjoncturel mondial se dégagera.

Une petite perte au niveau de la devise suisse (signe donc que tout
irait bien) serait difficile à compenser dans un portefeuille
défensif, composé très majoritairement d’obligations et
dont le rendement attendu est forcément plus faible.

Ne tablez donc pas sur une hausse continuelle du franc suisse pour investir en Suisse.

Idem pour les obligations en franc suisse.

TOUS les emprunt d’État en franc suisse sont émis à des taux négatifs.

N’achetez pas de franc suisse

Sauf en temps de crise aiguë, il y a suffisamment de raisons pour laisser de côté le franc suisse et les obligations dans la même devise.

C’est trop cher.

Par contre, réagissant mieux que d’autres aux tensions sur les
marchés d’actions et offrant des sociétés globalement saines
financièrement et actives sur des secteurs peu exposés aux
cycles économiques, investir en Suisse via le marché d’actions de Zurich peut apporter une diversification bienvenue, surtout dans les portefeuilles défensifs.

La Bourse suisse

Je suis relativement optimiste pour la Bourse de Zurich où les actions ne sont pas chères si l’on compare leurs cours à leurs bénéfices attendus.

Mais il y a autre chose: la composition même de la cote de la Bourse de Zurich est particulièrement intéressante pour investir en Suisse.

Trois géants (Nestlé, Roche et Novartis) représentent à eux seuls plus de 50% de la capitalisation boursière de l’indice SMI (Swiss Market Index).

Une concentration du marché sur un nombre aussi réduit d’actions devrait être synonyme de forte volatilité.

Ce n’est pas le cas.

Actives dans les secteurs défensifs que sont les biens de consommation et la santé, ces trois sociétés souffrent peu des sautes d’humeur des investisseurs.

Une caractéristique qui s’étend à l’ensemble du marché suisse, ses composantes faisant partie de secteurs défensifs, aptes à résister aux retournements conjoncturels (car générant un cash-flow régulier) et donc à payer un dividende en croissance régulière.

En tout, le secteur de la santé pèse 37% du SMI, contre 24% pour les biens de consommation, 22% pour la finance et assurances, et 12% pour l’industrie.

Voilà pourquoi investir en Suisse est intéressant pour un profil diversifié, mais aussi fort défensif, qui l’aide à performer, même quand les perspectives économiques se dégradent.

En effet, quelle que soit la situation économique, il faut toujours manger, boire, acheter des produits d’usage quotidien et se soigner.

Les actions défensives ont la particularité de faire bénéficier leurs détenteurs de revenus relativement élevés et stables.

Cela a pour conséquence qu’au fil du temps le cours de ces actions fluctue moins fortement que le cours des actions dites cycliques, par exemple les valeurs industrielles.

Cette volatilité réduite est une bonne chose dans un portefeuille de fonds.

Le troisième secteur le plus important de l’économie suisse est le secteur financier (environ 20%).

Même si pour le moment je ne suis pas un fervent supporter de ce secteur pris dans son ensemble, certaines actions individuelles sont intéressantes.

C’est le cas par exemple du poids lourd UBS. Poids lourd que l’on retrouve dans beaucoup de portefeuilles de fonds.

Le groupe suisse a décidé de se réorganiser autour de deux piliers, l’investment banking (fusions et acquisitions, émissions d’obligations, etc) et la gestion de patrimoine.

La Suisse est un pays à l’économie ouverte

Les géants cotés à Zurich sont à même de se trouver des niches de croissance partout dans le monde.

Investir en Suisse via des actions boursières, c’est donc investir dans des acteurs internationaux opérant dans les secteurs les plus défensifs du moment.

Un tel placement a donc parfaitement sa place dans un portefeuille diversifié.

Faible volatilité et rendement espéré intéressant

Si les actions helvètes sont intéressantes à mes yeux, c’est parce qu’elles parviennent à combiner faible volatilité et niveaux de rendement espéré intéressants.

Grâce à cette forte exposition des sociétés suisses à l’économie mondiale, ce marché parvient, sur le plan du rendement, à faire jeu égal avec les États-Unis et fait mieux que le Japon, autre marché à faible volatilité.

Bien entendu, la Suisse souffrira comme les autres de la pandémie et le fait que la zone euro, son principal partenaire commercial, sera parmi les régions les plus touchées n’arrangera rien.

Fondamentalement, la Suisse est l’un des pays les plus compétitifs au monde.

Des années de surévaluation du franc suisse (CHF) ont forcé les sociétés à trouver d’autres avantages compétitifs (innovation, qualité).

Une stratégie qui s’avère payante et qui permet de croître.

Miser sur les grandes valeurs défensives

Vous pouvez investir en Suisse en achetant des actions suisses, c’est un bon outil de diversification.

Le franc suisse a du potentiel par rapport à l’euro et la Bourse suisse vaut le détour.

Le placement est indiqué si vous avez un portefeuille correspondant à un profil neutre (équilibré) ou même plus dynamique, de moyen à long terme.

Vous avez le choix entre deux sortes de fonds pour investir en Suisse.

Évitez ceux qui misent sur les petites actions comme Logitech (hardware), Zurich Flughafen (aéroport de Zurich) ou Helvetia Holding (consultance).

Des fonds comme BGF Swiss Small & MidCap Opportunities, SISF Swiss Small & Mid Cap Equity ou UBAM Swiss Small And Mid Cap Equity mettent ainsi l’accent sur des valeurs moins défensives et (beaucoup) plus chères que les fonds misant sur les grands noms dont j’ai parlé plus haut.

La bonne approche pour investir en Suisse est donc se tourner vers un fonds qui investit dans les vedettes de la cote zurichoise.

Le nombre de sociétés cotées en Bourse de Zurich étant relativement limité, la composition des portefeuilles des différents fonds investis en grandes actions suisses est relativement similaire.

Les actions Roche Holding, Nestlé, Novartis et Zurich Insurance Group sont omniprésentes.

Les quatre fonds repris ci-après sont les meilleurs de leur catégorie. Pour faire votre choix, privilégiez celui qui est le plus facilement accessible auprès de votre intermédiaire financier.

Vous pouvez donc intégrer le fonds AXA World Funds Framlington Switzerland A LU0184627536 (en euro) dans votre portefeuille si cela correspond à vos objectifs. Attention: les frais sont élevés.

Une alternative moins chère, mais en CHF, est State Street Switzerland (LU1159239273). 

Amundi MSCI Switzerland ETF (LU1681044720), en Euros, est également digne d’intérêt.

Ces 3 fonds sont capitalisants. Si vous désirez un fonds distribuant des dividendes, je vous conseille iShares Swiss Dividend ETF (CH0237935637).

Investir en Suisse via des obligations: un pari délicat

Les actifs financiers considérés comme valeurs refuge se paient souvent cher.

C’est le cas des obligations d’État helvètes qui, depuis octobre 2018, offrent en permanence (pour ce qui est du 10 ans) des rendements négatifs.

Alliés à une devise surévaluée face à l’euro, ces taux d’intérêt négatifs devraient inciter l’investisseur à la plus grande prudence pour investir en Suisse.

En cas de retour du franc à sa valeur d’équilibre, les pertes seraient conséquentes.

Par contre, un tel placement ne rapportera a priori un rendement intéressant qu’en cas de scénarios extrêmes, qui permettraient aux taux d’intérêt suisses de baisser encore davantage, et/ou au franc suisse de repartir vers des niveaux encore plus élevés face à l’euro.

À mon sens, il faudrait pour cela un scénario catastrophe de nouvelle crise de la dette souveraine dans la zone euro, accompagnée de craintes sur la pérennité de l’euro.

Un scénario qui n’est pas le mien, au contraire de certains qui pensent que l’Euro et l’UE ne survivra plus longtemps.

Je suis par contre certain que l’UE va évoluer de manière drastique, et plus rapidement que jamais grâce ou à cause de la crise du covid.

De toutes façons, personne n’en sait rien, et je n’en sais rien.

Donc, c’est du domaine de l’opinion ou de l’hypothèse.

On verra bien qui a raison.

Je n’achète donc pas l’obligataire souverain suisse et je lui préfère, pour investir en Suisse, le marché des actions.

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4 Commentaires

  1. Bonjour Luc,
    Je vous remercie pour cet article intéressant.
    Je vois que le fonds AXA World Funds Framlington Switzerland a des frais très élevés (5,5% de frais de souscription et 1,76% en frais courants). Connaissez-vous un ETF (moins gourmand) qui réplique les actions suisses de grandes capitalisations à recommander ?
    Merci et bravo pour votre travail !

    Réponse
    • Oui, en effet si ce fonds est excellent, il est aussi très cher. J’ai trouvé des alernatives, et j’ai adapté l’article en ce sens.

      Réponse
  2. Bonjour M. Brialy,

    Merci pour votre article. Avez vous connaissance d’un fonds/etf comparable eligible au PEA ?

    Cdlt,

    Réponse

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