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Brexit: une situation de plus en plus difficile
(et dangereuse pour les Anglais)

Mes réflexions sur le Brexit et ses conséquences financières

Mis à jour le 1 février 2018

Les conséquences du Brexit démontrent que celui-ci se révèle chaque jour d’avantage comme une spectaculaire aventure où rien n’a été préparé du côté britannique et où l’improvisation est la règle.

De plus, le processus n’est vraiment pas aidé par le niveau de qualité du personnel politique britannique qui est tragiquement médiocre, comme les dernières élections du 8 juin 2017 viennent malheureusement de le prouver.

Le referendum du Brexit a mis en lumière divers aspects de la vie au Royaume-Uni. Le conflit entre jeunes et vieux, entre les travailleurs qualifiés et non qualifiés, les lignes de fracture entre l’Ecosse et l’Angleterre, et entre Londres et le reste de l’Angleterre. Ces conflits et ces lignes de faille rendront très difficile pour le gouvernement britannique de conclure un accord avec l’UE sans approfondir davantage encore ces conflits qui déchirent le pays.

La ligne de faille entre Londres et le reste de l’Angleterre est exemplaire à ce sujet. Je connais bien Londres, c’est une ville que j’adore et j’y vais régulièrement depuis plus 35 ans, et je peux donc en parler.

Jusqu’aux années quatre-vingt, Londres, comme beaucoup de villes dans le nord de l’Angleterre, était une ville à la dérive. La cause en était une désindustrialisation dramatique. L’industrie a été balayée en quelques décennies de la carte de Londres. La population a diminué, et le chômage augmenté. Une histoire qu’ont connu de nombreuses villes qui ont fait l’objet de l’industrialisation du XIXe siècle.

Londres la cosmopolite

Et pourtant, il y a eu dans les années quatre-vingt une résurgence spectaculaire de Londres. Elle a été le résultat de deux facteurs: la libéralisation du marché du travail et du secteur des services pendant le gouvernement Thatcher, et la libre circulation des personnes au sein de l’Union Européenne. Ces deux facteurs réunis ont permis à Londres de développer de nouveaux services, en particulier dans le secteur financier, mais aussi dans de nombreux autres secteurs créatifs (art, mode, architecture, cinéma, universités).

La facilité avec laquelle les gens pouvaient être recrutés dans le reste de l’Union Européenne a créé une dynamique de croissance. Les jeunes de France, d’Italie, d’Espagne, de Pologne et d’autres pays de l’UE ont été attirés par les possibilités d’emploi offertes par la ville pour les gens qualifiés et non qualifiés. Ces possibilités n’étaient généralement pas existantes dans les pays d’origine.

Londres est ainsi devenue la ville la plus cosmopolite d’Europe. Aucune autre ville européenne n’a attiré des milliers de jeunes comme Londres. Le succès de Londres a presque tout à voir avec son ouverture. La ville est magnifiquement multiculturelle, avec un tiers des Londoniens qui sont nés à  l’étranger, et qui représentent plus de 270 nationalités. Londres est un excellent exemple des effets positifs de l’immigration dans un environnement où les entrepreneurs ont une grande latitude pour développer de nouvelles activités. Le dynamisme et les résultats économiques que cela a induit en font un succès rarement égalé ailleurs.

Tout n’est pas positif

Cependant, il y a un côté négatif à ce succès, et qui explique pourquoi les électeurs en grand nombre ont voté pour le Brexit, dès lors qu’ils habitent en dehors de la ville. Les succès de Londres ne sont pas partagées par tous de la même manière.

Beaucoup de gens au bas de la distribution des revenus ne peuvent pas trouver un endroit abordable pour vivre à Londres, et doivent se déplacer vers des zones satellites en dehors de la ville. Ce sont ces gens qui sont assis le matin une à deux heures dans les trains bondés pour se rendre de leur domicile à leur lieu de travail, et dans la soirée ont à faire le trajet inverse. Ces gens ne mangent pas dans les nombreux restaurants de la Londres cosmopolite. Ils sont trop fatigués pour aller au théâtre et aux expositions, ou ne sont tout simplement pas intéressés.

Il y a deux mondes différents dans et autour de Londres

Le Londres animé, cosmopolite et ouvert qui offre de nombreuses opportunités aux entrepreneurs, aux créatifs et surtout aux jeunes bien formés. Mais autour de cette ville animée, la vie est beaucoup moins attrayante.

Ce contraste, ou appelez cela cette inégalité, nous le retrouvons partout. Cette disparité entre ceux qui connaissent le succès, et les nombreux autres qui ne le connaissent pas, est probablement la ligne de fracture la plus importante aujourd’hui au Royaume-Uni, et au-delà dans le monde entier.

Elle touche les autres pays aussi, et la France n’est certainement pas en reste.

Elle a été exploitée de façon éhontée par des profiteurs politiques à la Nigel Farage, qui ont fui lâchement leur responsabilité dès le lendemain du vote. C’est d’autant plus grave que la crise qu’ils ont causée sera payée ironiquement et paradoxalement par ceux qui ont voté pour eux. On avait cependant déjà l’exemple de la Belgique qui a un parti nationaliste au pouvoir, et où par conséquent les taxes et le coût de la vie augmentent en même tant que la pauvreté. Cela aurait été le cas de la France également si les opportunistes de la même eau seraient arrivés au pouvoir. L’histoire nous apprend encore une fois que l’on n’apprend rien de l’histoire.

Beaucoup de questions sur le Brexit

Le Brexit a donc été voté par 36% des électeurs ayant le droit de vote, contre 34% qui désiraient rester dans l’EU, et 30% dont on ne sait pas leur opinion car ils ont été trop paresseux que pour exercer ce droit de vote pour lequel leurs ancêtres se sont tellement battus.

Le processus de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne soulève bien des questions, tout en risquant de détruire les pierres angulaires que sont la liberté de circulation de biens, des personnes et des services. On le sait, les conditions dans lesquelles le pays sortira seront très difficiles à être négociées.

A cela s’ajoute l’inconnue qu’est l’Ecosse puisqu’elle semblait préfèrer rester dans l’Union (il est vrai que que les dernières élections ont terriblement affaibli le parti indépendantiste écossais). Et le problème de l’Irlande du Nord, car il faut éviter qu’une frontière soit à nouveau contruite, ce qui pourrait ressuciter les cauchemars de la guerre civile.

En attendant, le pays est à la dérive, sans réelle stratégie. Car voilà le problème de ceux qui prêchent des solutions simplistes à la ‘il faut quitter l’UE’, ‘il faut fermer les frontières’, ‘il faut se séparer’ et autres ‘il faut sortir de l’Euro’, c’est qu’en réalité, et le Brexit le prouve bien, ils n’ont ni le plan, ni la capacité intellectuelle que pour réussir leur ridicule projet. Et ils n’ont certainement pas pensé à toutes les implications, bercés par leur tragique simplisme.

Dans une confusion et une impréparation totale, Londres a activé fin mars 2017 l’article 50 qui marquera le début officiel du processus de sortie. Elle sait en effet pertinemment qu’elle n’aura, à partir de là, en principe que 24 mois pour achever le processus. Une mauvaise nouvelle pour l’investissement direct au Royaume-Uni car en l’absence de visibilité, les investisseurs auront tendance à temporiser, voire même à annuler leurs projets.

D’autre part, l’UE ne souhaite pas garder en son sein un pays dont le peuple a ‘clairement’ exprimé sa volonté de partir.

Enjeux de taille et compromis délicats

Selon la manière dont le Royaume-Uni articulera ses échanges avec l’UE, il devra faire le tri entre la législation européenne qu’il devra garder et les domaines où il pourra à nouveau légiférer. Il devra aussi négocier toute une série d’accords de libre commerce.

Dossier plus épineux: les services financiers, épine dorsale de l’économie. La capacité de la place financière londonienne à attirer les capitaux du monde entier est un gage de sécurité pour un pays dont les déficits budgétaires et commerciaux sont très importants. La zone euro a surréalistement longtemps toléré que le principal centre financier pour les actifs en euro soit à Londres, ce pays où les gens n’ont jamais voulu se séparer de leur Livre anachronique. Il est peu probable que cela reste de mise une fois le pays hors de l’Union. Francfort, Dublin, Paris et d’autres se positionnent déjà pour prendre la relève.

Les membres restants auront eux aussi des équilibres très délicats à trouver. Si l’Union veut assurer sa pérennité, elle ne doit absolument pas faire de concessions qui donneraient des idées à d’autres, au risque de provoquer des référendums en cascade.

Des rapports à la norvégienne?

Les deux parties ayant déjà évoqué la nécessité d’une collaboration proche,  une issue probable des négociations serait une appartenance du Royaume-Uni à l’Espace Économique Européen (EEE), une situation semblable à celle que vit la Norvège. Le pays aurait alors un libre-accès aux marchés européens, préservant au passage le rôle de la City de Londres (du moins dans l’état actuel des choses). Par contre, il devra continuer à se plier aux règles de Bruxelles, tout en perdant le droit de les voter, y compris dans des domaines tels que la libre circulation des travailleurs. A ce niveau, le Brexit aura été un coup pour rien, en réalité une farce.

Comme la Norvège, le pays devra aussi payer pour cet accès privilégié au marché européen. Le Royaume-Uni conserverait donc la plupart des droits et devoirs dont il dispose en tant que membre, tout en restant souverain dans certains domaines (politique agricole, la pêche, les douanes, ainsi que la capacité à signer des accords commerciaux avec des pays tiers dans le cas de la Norvège). Si elle devra se plier aux décisions de Bruxelles dans la plupart des domaines, mais par contre sans pouvoir décider quoi que ce soit, Londres pourra annoncer cependant que sa souveraineté est préservée. Reste à savoir si ce Brexit largement pro forma serait suffisant pour satisfaire les malheureux Britanniques qui ont voté pour une telle issue.

Quel impact pour les investisseurs?

Si la croissance du Royaume-Uni a été appréciable dans le passé, elle était surtout basée sur la consommation des ménages et le crédit (très hauts depuis 2005). L’investissement et la productivité étaient par contre à la traîne. Ce déséquilibre s’était déjà traduit par des déficits importants, tant au niveau budgétaire qu’au niveau commercial. Un modèle de croissance insoutenable à long terme donc, qui fait craindre une correction. Or, la sortie du pays de l’UE et l’incertitude qui en découle pèseront forcément sur l’investissement et la confiance des ménages. Elle finira ainsi par précipiter une situation de toute façon inévitable. Je ne prévois plus beaucoup de croissance dans les années à venir.

Le brexit va donc coûter très cher aux Britanniques.

Ceci est démontré par une étude interne du gouvernement britannique publiée en janvier 2018 par le site de Buzzfeed.

Selon le rapport, les scénarios les plus probables pour quitter l’Union européenne produisent des dommages économiques importants. La croissance économique sera de moins 5 pour cent au cours des quinze prochaines années en raison du Brexit, même s’il y a un accord de libre-échange avec l’UE. Sans accord avec l’UE, la croissance sera en baisse de 8%.

L’inflation a grimpé de 2,3% à 2,7%, à cause des importations devenues plus chères par la baisse de la Livre, qui ne vaut actuellement plus que 1,14€.

Mais soyons clairs. Si j’investis depuis longtemps à Londres, c’est plus parce que je mise sur la capacité des multinationales présentes sur ce marché à aller chercher la croissance là où elle se trouve et à continuer d’offrir de beaux rendements.

Vous pouvez creuser davantage ce sujet et devenir vous aussi un investisseur heureux en vous procurant ce livre que je vous offre gratuitement: cliquez ici.

« Mais au-delà de l’action monétaire, l’économie britannique n’a pas -encore- trop souffert du Brexit jusqu’à présent parce que, fondamentalement, rien n’a changé à ce jour »

Un non-événement?

La plupart des statistiques économiques de 2016 en provenance du Royaume-Uni étaient encore positives: des ventes au détail en croissance annuelle de 6,2%, un taux de chômage à seulement 4,9% de la population active, des salaires en hausse, une inflation contenue à 0,6% et une croissance industrielle de 2,1%. Seul le secteur immobilier avait ralenti.

Cependant 2017 est déjà nettement moins bon.

Et finalement, hormis la livre qui s’est terriblement dépréciée, les conséquences financières du vote du 23 juin 2016 sont à ce jour encore relativement limitées.

Mais c’est vrai que rien n’a encore démarré et que le Royaume-Uni fera tout simplement encore partie de l’EU jusqu’avril 2019.

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, accusé avant le scrutin de prendre parti à cause de ses mises en garde sur l’impact néfaste d’un Brexit, a dû se justifier pour son analyse. Il a eu beau jeu d’expliquer la résistance de l’économie britannique par sa politique monétaire. Il est vrai que la Banque d’Angleterre a vite et massivement réagi. Le 4 août 2016, elle a baissé son taux directeur de 0,50 à 0,25%, et a en outre repris ses injections de liquidités, programmant l’achat de dette publique pour 60 milliards de livres lors des six prochains mois, et d’obligations d’entreprises pour 10 milliards en 18 mois. Elle a enfin lancé un nouveau programme de refinancement pour les banques et les organismes de crédits hypothécaires, afin que la baisse des taux d’intérêt se répercute dans l’économie réelle.

Le nombre de bêtises que j’ai entendues à l’époque lors des débats pour l’élection présidentielle en France à ce sujet défie même l’intelligence d’un enfant de 5 ans. Certains, qui prennent les gens vraiment pour des imbéciles, prétendaient sans rougir que nous ne devions pas avoir peur de sortir de l’UE puisque que le Brexit prouvait bien que cela n’avait rien changé en Grande-Bretagne non plus.  Et bien, l’économie britannique n’a en effet pas encore vraiment souffert du Brexit jusqu’à présent parce que, fondamentalement, rien n’a changé à ce jour: ils sont toujours membres! 

Interminable veillée d’armes

Sans impact économique majeur lors des premiers temps, le Brexit a par contre déjà eu de grandes répercussions politiques. La première avait été la démission de David Cameron, l’instigateur du référendum.

C’est Theresa May qui a repris, un peu par hasard, le poste de Premier ministre. Cette dame, déjà connue pour son opportunisme et son inconsistance, a aussitôt formé un gouvernement taillé sur mesure pour négocier le Brexit, avec notamment un Ministre de la Sortie de l’Union Européenne. Et elle a lancé de nouvelles élections dans l’espoir de conforter sa situation personnelle.

Ceci a été une erreur terrible. Quelle stupidité! C’est la honte politique. Le peuple britannique avait entretemps bien compris la situation impossible dans laquelle il s’est lui-même mis, et s’était donc résigné aux conséquences, espérant seulement que la sauce à laquelle il serait mangé ne serait pas trop difficile à digérer. Ce que les gens voulaient, c’était un gouvernement qui gouverne et qui résoud les problèmes. Ce qu’ils ne voulaient pas, c’était des politiciens qui ne pensent qu’à profiter de la situation pour améliorer leur propre position. Madame May a été punie et n’a plus sa majorité.

Le parti qui a à l’époque prôné le Brexit a quant à lui totalement disparu du parlement. Les socialistes sont revenus, mais pas assez fortement pour prendre le pouvoir.

Madame May a choisi pour la fuite en avant, formant un gouvernement minoritaire soutenu par le Parti Unioniste Démocrate (PUD), un petit parti nord-irlandais, qui est homophobe, contre l’avortement (même en cas de viol ou de danger mortel pour la maman), créationniste, anti-européen et anti-climat. Rien que cela.

La situation est devenue ainsi totalement instable, rendant les négociations du Brexit encore plus difficiles pour le pays. La Livre a encore perdu de la valeur. C’est un naufrage.

Si on a du mal à imaginer comment une madame May, qui n’a pas arrêté de changer d’avis et de programme dans la campagne électorale, puisse jamais parvenir à être capable de négocier convenablement le Brexit, les instances européennes, elles, se sont par contre bien mises en ordre de bataille pour mener à bien les discussions. Fruit de la complexité européenne, trois négociateurs ont été désignés, un pour le Parlement européen, un pour le Conseil européen et un pour la Commission européenne, chacun avec un CV et une expérience au dessus de tout soupçon. Tout est donc en place en Europe pour débuter la procédure de séparation. Mais les Britanniques ne sont évidemment pas prêts. Et le temps pour résoudre le convenablement problème s’amenuise inéxorablement chaque jour.

La première proposition de Madame May pour régler le problème des Européens vivant en Grande-Bretagne, et des Anglais vivant en Europe a été (évidemment) reçue par un sourire à peine poli. Elle a finalement du passer en décembre 2017 sous les fourches caudines des exigences préalables des européens pour pouvoir continuer à négocier.

On se demande à présent combien de temps Madame May va encore rester premier ministre, d’autant plus que sa baisse de popularité s’amplifie exponentiellement à cause des couacs de son attitude lors de l’évènement terroristes de Manchester et l’incendie de Londres.

On en arrive à la pathétique observation que chaque fois que Madame May ouvre la bouche, la valeur de la Livre descend encore un peu plus.

Eviter les fractures

Dans les grandes lignes, la volonté du Royaume-Uni est de garder un accès au marché unique européen aussi large que possible, tout en pouvant mettre des barrières à la libre circulation des personnes. Uniquement les avantages donc, mais pas les obligations.

Inacceptables pour les institutions européennes et plusieurs pays membres, ces demandes trouvent une oreille plus attentive chez d’autres.

L’enjeu du Brexit ne se limite donc pas uniquement aux futures relations entre Londres et le reste de l’Europe. Il concerne aussi l’avenir politique de l’Union Européenne. Ce ne sera pas facile de trouver une ligne médiane qui satisfait tout le monde, mais c’est la seule solution pour éviter un fractionnement de l’Europe.

« Malgré le Brexit, je garde provisoirement mes actions britanniques, et la baisse de la Livre est une opportunité d’achat pour ceux que le risque n’effraie pas »

Le Brexit se révèle en résumé chaque jour d’avantage comme une spectaculaire aventure où rien n’a été préparé du côté britannique et où l’improvisation est la règle.

Après une relation de 44 ans, il y a beaucoup de choses qui doivent être partagées. À l’instar d’une séparation d’un couple marié, les problèmes les plus sensibles sont généralement la répartition de l’argent, la résidence commune et la question de savoir qui obtient la garde des enfants.

Il y a environ 20.000 règlements et lois européens qui sont d’application au Royaume-Uni. Si l’UE a une vue relativement complète et documentée de cet état de fait, les Britanniques évidement sont dans la défensive. Chacun de ces articles devra être renégocié d’une façon ou d’une autre. Il a fallu 44 ans pour les réaliser; il reste un peu plus d’un an pour les remplacer, ou 400 jours ouvrables. Il faudra donc négocier et décider à raison de 50 articles par jour. Bonne chance.

Les questions d’argent

Dans la séparation entre l’UE et le Royaume-Uni, il est également question d’argent: l’UE avait préparé un projet de la facture du Brexit pour les Britanniques d’environ 60 milliards d’euros. Jean-Claude Juncker parlait de 58 milliards d’Euros dans une interview avec la BBC.

Pour le Royaume-Uni et l’Union européenne, les enfants sont Gibraltar, les citoyens britanniques vivant dans l’UE (pour le travail ou pour leur retraite en Espagne ou au Portugal) et citoyens de l’UE vivant en Grande-Bretagne et/ou y travaillant: quels sont leurs droits après le divorce de leurs ‘parents’?

Le journaliste britannique Alex Barker (Financial Times) a écrit un texte complet sur le projet de divorce, du point de vue européen.

Barker a calculé que le Royaume-Uni devra payer à l’UE quelque chose entre 24 et 72 milliards d’euros.

D’où viennent ces montants? Pourquoi le Royaume-Uni devrait de toute façon payer à l’UE pour quitter le club? Une grande partie du montant est à payer pour les projets financés par l’Union Européenne. L’Union Européenne a l’obligation de continuer ces projets qui ont commencé lorsque les Britanniques étaient encore membres. Le paiement doit donc suivre. Si les Britanniques ne payaient pas, les 27 autres pays devraient payer à leur place. Les Pays-Bas ont déjà précisé que leur contribution ne sera pas augmentée dans le budget de l’UE pour compenser le départ des Britanniques. D’autres pays qui sont des ‘contributeurs nets’ pensent probablement la même chose.

Les pays d’Europe centrale et orientale qui reçoivent plus d’argent du budget de l’UE qu’ils n’en mettent, veulent évidemment que les investissements budgétisés en fonds européens continuent dans leur pays comme prévu.

De nombreux Britanniques peuvent penser: quoi, puisque nous partons, pourquoi devrions-nous encore payer? Le porte-parole de la Commission Européenne a trouvé une réponse à ceci: il a fait une comparaison qui clarifie tout pour le citoyen ordinaire, en particulier en Grande-Bretagne. Supposons que vous êtes dans un pub de Londres avec 28 amis et tous commandent une bière. N’est-il pas juste que chacun paie sa part quand la facture arrive?

Une autre partie de la facture sera les pensions des fonctionnaires de l’UE. L’Union Européenne n’a pas de fonds de pension, les pensions sont payées par le budget commun. Il est donc attendu que le gouvernement britannique devra continuer à payer jusqu’au dernier fonctionnaire qui décédera, et qui aura travaillé pour le Royaume-Uni et Gibraltar.

Et les Britanniques doivent payer non seulement pour les retraités de nationalité britannique, mais pour tous les fonctionnaires retraités, car ils ont tous travaillé au service de l’Union européenne, y compris donc pour le Royaume-Uni.

Le gouvernement britannique a fourni de son côté également des exigences financières comme, par exemple, de demander le remboursement d »une partie de la valeur des bâtiments de l’Union Européenne, qui ont été construits ou achetés avec des fonds britanniques.

Mais même si cela est pris en compte, il reste une facture pour les Britanniques de plusieurs dizaines de milliards.

Fin novembre 2017, les Britaniques ont donc proposé de payer 50 milliards d’Euros.

Ça, Farrage et consorts ne l’avaient pas raconté à leurs naïfs supporters.

Et il y a encore beaucoup d’autres questions à régler dans l’accord de divorce, comme le déplacement de l’Agence Européenne des Médicaments ou l’Autorité Bancaire Européenne de Londres vers l’Europe continentale.

Irlande du Nord

Pour l’Irlande du nord, il n’y a pour l’instant qu’un engagement informel, ce qui n’est pas de nature à rassurer les Nord-Irlandais, toujours divisés entre les unionistes, qui prônent des liens étroits avec Londres, et les républicains, favorables à une Irlande réunifiée et indépendante. Cette tension, en sommeil depuis près de vingt ans, ne demande qu’à se réveiller, tout comme son cortège de violences.

Migration?

Et bien sûr, il y a la question difficile de l’influence du Brexit sur les citoyens. Les citoyens de l’UE résidant légalement 5 ans dans un autre État membre de l’UE ont droit à la résidence permanente. Conservent-ils ce statut ou non? Les citoyens européens ont le droit de chercher du travail dans un autre pays et d’y travailler. Quand ils travaillent dans un autre pays de l’UE, ils ont droit aux mêmes avantages sociaux que les ressortissants de ce pays.

Le maire de Londres, Sadiq Khan, estime que le Premier ministre britannique, Theresa May, doit donner la priorité aux droits de résidence des citoyens de l’UE. Sinon, une gueule de bois économique attend sa métropole et le Royaume-Uni.

‘Il y a 3,3 millions de citoyens de l’UE au Royaume-Uni, dont un million à Londres seul. Ils font une énorme contribution à notre économie’, déclare Khan. ‘Nous avons besoin d’une garantie à toute épreuve qu’ils puissent rester au Royaume-Uni. Ils sont trop importants pour être utilisés comme monnaie d’échange dans la négociation.’ Khan insiste pour une politique d’immigration souple. Sinon menace la pénurie sur le marché du travail. ‘Il y a maintenant 300.000 travailleurs de la construction à Londres. Seulement la moitié d’entre eux sont nés au Royaume-Uni, et dans ce groupe 20% prendra dans les années à venir sa retraite. Si la migration diminue, comme le veut le premier ministre, nous n’aurons pas suffisamment de travailleurs pour pour répondre aux besoins de Londres. Cela vaut également pour le financement, la technologie et ainsi de suite. Et si Londres souffre, le reste du pays souffre, parce que nous contribuons de manière significative aux revenus du pays’.

C’est mal parti pour Mr Khan, puisque le nombre d’entreprises qui ont déjà quitté la Grande Bretagne suite au Brexit, et celles qui projettent de le faire ne fait qu’augmenter. L’emblématique et respectable Lloyd’s of London en tête, le plus grand courtier d’assurances au monde, un fleuron de l’histoire britannique, quitte Londres pour Bruxelles. De même que le gigantesque assureur mondial QBE d’ailleurs. Du côté des grandes banques, c’est déjà l’exode. JP Morgan Chase, Standard Chartered, Goldman Sachs et HSBC sont les premiers à déplacer leur siège vers l’UE, avec déjà ainsi 15.000 emplois perdus pour le Royaume-Uni. C’est une hémorragie dont on ne voit pas la fin.

Il est à espérer pour Londres que l’UE n’exigera pas le déménagement des ‘clearing houses’ qui traitent les marchés en contrats Euros. Dans ce cas, ce seront 83.000 emplois perdus dans la City, d’après les calculs de la société de consultance EY.

La direction de Renault-Nissan tire la sonnette d’alarme sur son accord de continuer à investir au Royaume-Uni (surtout dans la région de Sunderland) à cause des taxes d’importations qui seront levées sur les fournitures venant de l’UE. Madame May a donc du offrir des incentifs financiers à Renault-Nissan pour régler le problème dans un accord qui est tenu secret. Tout le monde se demande à présent si BMW va continuer à produire des Mini dans son usine de Cowley.

Le gouvernement britannique veut freiner la migration de l’UE? Peut-être que les États membres voudront aussi des restrictions pour les citoyens britanniques à leur séjour dans l’EU. J’ai quelques amis anglais vivant en Europe, qui n’en dorment pas la nuit.

Vers un affrontement?

Les vraies négociations sur le Brexit doivent encore commencer. La position de la Grande-Bretagne dans cette négociation vient de se détériorer encore davantage à présent que les Français ont élu un président ouvertement pro-européen, et qui veut renforcer l’axe Berlin-France. Vraiment négocier à un niveau élevé ne pourra probablement que se faire après l’installation du gouvenement allemand.

Les 27 pays de l’UE sont dans une position de négociation confortable. Une fois l’article 50 activé, le temps est compté. Si deux ans après l’activation de l’article 50 il n’y a pas d’accord, en mars 2019 donc, le Royaume-Uni ne sera d’un jour à l’autre plus membre de l’UE. En dehors de leur dette déjà importante, les Britanniques paieront dans ce cas en sus un prix très élevé: ils perdront tout accès au marché intérieur européen, les droits de douane seront payables sur les exportations vers l’UE, les institutions financières de la ville de Londres ne pourront plus vendre leurs produits dans l’UE, etc.

Pour les politiciens irresponsables et menteurs qui ont promu le Brexit viendra dans ce cas peut être un moment politique difficile: ils devront d’abord expliquer au public britannique qu’ils doivent non seulement payer à l’UE des sommes énormes, et tout cela sans garantie sur une relation commerciale future, mettant toute l’économie britannique en danger. Exactement le contraire de ce qu’ils avaient promis.

Nous restons voisins

La procédure de divorce dans le Brexit ne représente qu’une partie de l’ensemble du problème. Il faudra également un nouvel accord sur les relations commerciales que les Britanniques et l’UE veulent avoir à l’avenir.

La chance de réussir tout cela un an est relativement faible. Et donc un régime transitoire pourrait être nécessaire, et dans ce domaine il risque de surgir des divisions du côté de l’UE. Certains pays (et régions) sont préoccupés par les conséquences d’une attitude trop dure pour leurs propres entreprises qui exportent beaucoup au Royaume-Uni. Mais que cela se traduira par une attitude souple sur la facture de divorce est une autre histoire.

Il est donc quasi impossible qu’il y ait un accord commercial tout de suite. Qu’est-ce qui se passera en Avril 2019 lorsque le Brexit sera un fait?

Un réveil douloureux pour les Britanniques

Trois possibilités.

J’ai déjà évoqué la première: la Grande-Bretagne et l’UE conviennent que les relations commerciales existantes continuent de s’appliquer dans une période de transition après Avril 2019. Cela voudrait dire que la GB reste temporairement dans le marché unique et accepte ses obligations (libre circulation des personnes et acceptation de la compétence de la Cour Européenne) jusqu’à ce qu’un accord commercial définitif puisse être atteint. Il est très peu probable que le gouvernement conservateur puisse accepter cela dans la perspective de sa prochaine réélection après Avril 2019. Mais seront-ils encore au pouvoir?

L’autre possibilité: la Grande-Bretagne se retrouvera avec le statut d’un État souverain. Et par conséquent, la situation deviendra extrêmement limpide: ce statut est régi par les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce. Cela signifie que d’un jour à l’autre les exportateurs britanniques seront confrontés aux principales restrictions du commerce mondial, là où il n’y a pas d’accord privilégié entre les pays. Et cela sera très sûrement un énorme coup dur pour l’économie britannique. La Grande-Bretagne perdra son accès privilégié à un marché de 450 millions de consommateurs.

Dernière possibilité, evoquée par certains, et pas des moindres: l’arrêt du Brexit, plus ou moins caché sous une forme apte à être digérée sans perdre trop la face par les uns et les autres.

Ce qui est frappant dans ce drame est que le gouvernement britannique, sous le charme du nationalisme, a basé sa politique sur un gigantesque ensemble d’illusions. L’illusion que la Grande-Bretagne pourra comme dans le passé être pleinement souveraine et pourra commercer avec le reste du monde sans les contraintes des règles de l’extérieur. Cela a été possible lorsque l’Empire Britannique établissait lui-même les règles dans le monde. Aujourd’hui, la Grande-Bretagne n’est plus qu’un petit pays. Dans les négociations commerciales, tout revient au pouvoir réel: les Britanniques offrent un marché de 60 millions de consommateurs à leurs partenaires potentiels. C’est considérablement inférieur aux 450 millions de consommateurs qui resteront dans l’Union européenne.

Londres devra, s’il veut commercer, accepter des règles qui ont été établies ailleurs. Ce sera un réveil douloureux pour les Britanniques.

Quand on comprend et analyse tout ceci, ce qui n’est pourtant pas tellement difficile, on est frappé de constater que certains en France osaient proposer de quitter l’EU, et en changeant de surcroît de système monétaire pour retourner au Franc Français (et simultanément aussi à l’ECU, mais personne n’a jamais vraiment compris cette dernière loufoquerie). Encore plus fort que les Anglais donc: rien que cela.

Ce n’était évidement pas sérieux. Ces inconscients n’avaient en réalité pas plus de plan que Farrage et ses complices que pour mener cela à bonne fin, mais de surcroît, ils se fixaient des objectifs encore plus compliqués et encore plus ineptes. Cela aurait mené le pays tout simplement à sa perte. Heureusement, une majorité de Français a arrêté cette dérive.

Le regret de la population britannique

Entretemps, le Brexit perd de plus en plus de soutien en Grande-Bretagne: une nouvelle enquête de décembre 2017 montre que plus de la moitié des Britanniques choisissent maintenant de rester dans l’Union européenne. Une étude de l’agence de recherche BMG Research, publiée par le journal britannique The Independent, montre que 51% des personnes interrogées sont contre le brexit, et à peine 41% pour.

Selon le journal, le point de pourcentage est la plus grande différence entre les partisans et les opposants depuis le référendum de juin 2016.

Les Britanniques, qui n’ont pas participé au référendum de juin 2016, sont responsables de la différence croissante entre partisans et opposants, selon le directeur de BMG Research, Michael Turner. Les non-votants à l’époque voteraient maintenant à une écrasante majorité (4 contre 1) pour un séjour prolongé dans l’UE. 

Quel gâchis!

J’investis donc toujours en Bourse de Londres

Les négociations pour le Brexit seront dures, longues, incertaines et responsables de grosses turbulences financières. Mais je crois en une issue négociée qui préservera un minimum d’intérêt commun. Certes, l’économie britannique souffrira de l’incertitude des négociations, le pauvre peuple s’appauvrira encore davantage, mais la Grande-Bretagne est probablement suffisamment robuste pour surmonter ce contretemps, bien que cela durera très longtemps avant d’y parvenir. Et entretemps, le gâchis sera énorme.

Je n’investirais donc certainement pas pour le moment en Grande Bretagne, par contre je suis toujours prêt à investir dans des entreprises multinationales dont les actions se traitent sur la bourse de Londres, ce qui est très différent. Bon marché, la Bourse britannique peut provisoirement de cette façon toujours avoir une place dans mon portefeuille. Mais je comprends que, vu la situation du pays, cela devient un pari de plus en plus risqué.

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  1. Bonjour Luc et merci pour votre article. Comme mentionné dans un commentaire sur un autre post ma femme et moi vivons près d’Oxford. Nous sommes toujours locataires. Cependant avec la baisse de la livre (et des économies en euros) ne serait il pas intéressant d’acheter notre maison en Angleterre et de la louer une fois parti (nous voulons repartir dans les 3-5 prochaines années). Je précise que nous avons 30 ans et aucun bien immobilier.
    Merci d’avance pour votre réponse

    Réponse
    • Vous savez combien je suis un grand partisan d’acheter plutôt que de louer.
      Cependant dans votre cas, j’ai déjà fait remarquer que je serais très prudent à cause des inconnues posées par la situation très particulière du Brexit. Ces inconnues ne sont certainement pas encore levées. S’il est vrai que la livre a baissé, on ne peut pas savoir si elle baissera encore plus ou si elle remontera. Les prix de l’immobilier ont une nette tendance à diminuer aujourd’hui, mais là aussi que penser de l’avenir?
      Je constate cependant depuis votre dernière intervention que vous parlez à présent de 3 à 5 ans pour repartir, à la place de 3 ans maximum. Cela devient un terme pour lequel une décision d’achat devient en général plus intéressante que de continuer à perdre de l’argent en loyers. Dans vos calculs vous devez évidement prendre en compte les loyers que vous auriez sinon tout de même payé à votre propriétaire. Par ailleurs, si vous mettez en location après votre départ, il n’y aura pas de perte sur les frais de revente.
      Rien dans la vie n’est jamais certain et le changement est inévitable, mais si vous pouvez planifier sur la base de quelques certitudes, il est préférable de le faire.

      Réponse
  2. Excellent article, qui va bien au-delà des opinions sloganesques de certains, qui regardent l’avenir dans le rétroviseur. Merci.

    Réponse
  3. Les anglais ont donné une très grande leçon de démocratie et notamment le premier ministre Theresa May qui a refuser les pressions de l’oligarchie de Bruxelles pour faire revoter les Anglais car c’est quand même c’est bien connu que le peuple ne sait pas voter (cf le référendum en France de 2005 sur la constitution européenne que Sarkozy a annulé en le faisant adopter quand même).
    Comme le dit ce très cher Jean-Clause Junker (ancien premier ministre du Luxembourg ayant monté un paradis fiscal officiel au sein de l’union européenne qui pille les états voisins) « Il ne peut y avoir de choix démocratiques face aux traités européens »… No comment.

    L’UE est une dictature et rien d’autre; certes un dictature soft sans char dans les rues mais une dictature. Il suffit de remonter aux origines de la construction européenne pour comprendre.

    Quand à l’Euro, ce n’est pas une monnaie mais une construction politique. L’euro tue les pays du sud car l’euro est un petit mark dont le seul bénéficiaire est l’Allemagne et les résultats sont là pour le montrer.
    On ne met pas des pays avec des taux de productivité différents sous un taux de change unique. Quand on ne peut pas ajuster sa productivité par la dévaluation monétaire alors on l’ajuste par le chômage et c’est ce à quoi nous assistons depuis 20 ans maintenant, petit à petit.
    Pour que l’euro subsiste et donc l’UE il faut que l’Allemagne accepte de transférer 10% environ de son PIB aux pays qui en ont besoin, ils ne le veulent pas et on les comprends bien. Dans une zone monétaire commune il faut des mécanismes d’ajustement entre les zones riches et pauvres. Le Texas paye pour l’Utah, la région parisienne paye pour la lozere, …
    L’UE est une utopie de nos politiques depuis 25 ans et c’est même maintenant devenu une religion; celui qui ose parler de sortie de l’UE est tout de suite taxé d’extrémiste sans même qu’il y ait le moindre débat posé et réfléchi.
    La France a plusieurs siècles d’histoire et une grande histoire sans UE et on essaye de nous faire croire qu’il est impossible de sortir de l’UE et que ce serait apocalypse.

    Cette UE est déjà morte mais comme certains ne veulent pas l’admettre l’agonie va être longue.
    2016 a eu son lot de surprises (Brexit, Trump, Italie, …) et je pense que 2017 aussi, enfin je l’espère.

    Vous avez raison d’investir à Londres; c’est ce que font d’ailleurs aussi de très grandes entreprises comme Renault qui va construire une usine, IBM va y implanter un nouveau centre de recherche, et il y en a d’autres.
    Quand des entreprises de cette taille investissent elles ne réfléchissent pas à deux trois ans mais sur plusieurs décennies et elles ont donc déjà intégrées le Brexit.

    Réponse
    • Je ne partage évidement pas votre avis et je pense que vous avez mal lu et mal compris ce que j’ai écrit. Tout d’abord, je ne vois pas où est la ‘grande leçon de démocratie’ à laquelle vous faites allusion quand je constate que le Brexit n’a finalement été voté que par 36% de ceux qui ont le droit de vote. Je trouve donc bien au contraire qu’il y a un déficit démocratique immense dans cette situation. C’est le problème de tous ces réferendums non représentatifs parce que le vote n’est pas obligatoire. En Belgique par exemple, ils ont bien compris cela en rendant tous les votes obligatoires et en sanctionnant ceux qui n’exercent pas leur obligation de voter.

      En dehors de cela, vous prenez probablement vos désirs extrêmement fantaisistes pour des réalités, et vous basez vos raisonnements sur des théories économiques, sociales et politiques absolument tirées par les cheveux. La Grande Bretagne est à présent l’illustration parfaite de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf. Cela arrivera à la France aussi si, selon vos voeux, elle se détache de l’UE et restaure ses frontières, surtout économiques. Je peux pas m’imaginer que les Français seraient si stupides en agissant ainsi contre leur propre intérêt. Beaucoup d’Anglais croient aussi qu’ils ont toujours un Empire, ils ne sont en réalité qu’une petite population de 64 millions, isolée sur son île, avec un particularisme totalement obsolète (la livre, le système de poids et de mesures, la conduite à gauche, etc.). C’est extrêmement pittoresque, exotique, et amusant à observer, mais pas pratique pour réussir sur la scène mondiale.

      La France, c’est à peu près la même chose. Le discours passéiste de ‘la France a plusieurs siècles d’histoire et une grande histoire sans l’UE’ est le plus grand et le plus dangereux mirage argumentaire jamais proféré. Ne fut-ce que parce que cette ‘grande histoire sans l’UE’ n’a été qu’une suite de guerres sans fin. C’est de la masturbation intellectuelle.

      Le complexe de nanisme dont souffre tellement de gens, et qui veut leur faire retourner vers un passé mythique qui n’existe que dans leur imagination, sera leur perte.

      Je répète: je n’investis pas en Grande Bretagne, contrairement à ce que vous pensez, j’investis dans des entreprises multinationales dont les actions se traitent sur la bourse de Londres, c’est très différent.

      Vous avez aussi une vision particulièrement sélective sur nombre d’entreprises qui investissent en Grande Bretagne. Le nombre de celles qui ont déjà quitté et qui projettent de le faire dépasse très largement les quelques exemples que vous avez trouvé. Ce n’est pas absolument pas objectif de votre part. Et vos informations prématurées sur Renault et IBM sont pour l’instant encore ce que les Anglais nomment bien à propos du ‘wishfull thinking’.

      Réponse
  4. Bonsoir Luc,

    Je souhaitais avant tout vous remercier pour votre blog d’une grande qualité, chose rare dans notre cher pays où la majorité pense que seuls les riches investissent dans les marchés financiers.

    Pour en venir au Brexit, je pense que nos politiques essaient, avant tout, de nous terroriser. La Grande Bretagne, tout comme la France et l’Allemagne, n’ont pas attendu la création de l’Union européenne pour exister et grandir.

    Cela me rappelle le passage à l’an 2000 avec ce fameux bug qui n’a jamais existé.

    Je reste persuade qu’un pays Européen occidental peut continuer à adopter le libre échange avec les autres pays sans pour autant dresser des barbelés autour de leur frontières. La Norvège et la Suisse en sont un parfait exemple.

    Je reste très peu investi sur l’Union européenne, je privilégie le marché total us.
    Les marchés financiers européens s’enrument très facilement, comme nous avons pu le voir recemment avec le Brexit. En revanche, si je devais acheter un fonds européen, mon choix se porterait sur un ETF répliquant le marché UK. Les entreprises ont un potentiel énorme et comme les américains, les britanniques n’ont pas beaucoup de possibilités pour leur futur retraite, si ce n’est d’acheter des actions. Il y a donc une forte demande de ce côté la.

    Jerome

    Réponse
    • Tout à fait d’accord, Jerome. Moi aussi je n’investis pas en Europe. Par contre j’ai un tracker UK et un tracker US dans mon portefeuille.

      Réponse

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